« Au jour des grandes crises, la fièvre des idées est salutaire. »

Emile de Girardin

L'origine de Meaty

Face aux problèmes socioéconomiques et environnementaux auxquels l’Humanité fait face actuellement, deux amis entreprennent de « faire bouger les choses ». Au-delà même d’un simple projet personnel, l’idée de partage de bétail représente, à leurs yeux, un changement. « Changement » dans la mesure où dans cette ère de mondialisation, ce projet permet de retourner à une économie où le terme « local » devient le maître-mot.

Dans le fond, Meaty n’est pas une innovation puisqu’elle promeut un « retour aux sources ». Ainsi, la vente directe à la ferme est loin d’être une nouveauté car elle est en fait la base de notre civilisation. L’innovation se situe plutôt dans la forme; grâce aux moyens actuels, le partage de bête est rendu collaboratif et à la portée de tous.

L’industrie de la viande

Malheureusement, de nos jours, l’élevage industriel tente de tirer le maximum de profits de l’exploitation animale en spéculant sur des animaux vivants et en gaspillant une quantité considérable de viande pour des motivations de rentabilité. Par ailleurs, ce fonctionnement va souvent de pair avec le mauvais traitement des animaux ; ils subissent des trajets motorisés de plusieurs heures et, à l’abattoir, ils sont entassés dans des conditions épouvantables pendant plusieurs jours.

Qu’en est-il à Genève ?

Fort heureusement, ce traitement inadmissible ne fait pas l’unanimité. À Genève, et notamment à l’abattoir de Meinier, Joël Mudry – en charge de l’abattoir – met tout en œuvre pour garantir aux animaux un traitement digne. Avec l’aide du Service Cantonal des Affaires Vétérinaires, il s’assure que l’animal est transporté de la ferme à l’abattoir dans des conditions saines et sûres ; pour chaque abattage, le vétérinaire cantonal procède à un examen afin de s’assurer que l’animal est en parfaite santé et qu’il répond aux normes concernant la loi sur la protection des animaux.

Par ailleurs, à Meinier, les employés travaillent de manière artisanale. Trois bouchers pour un animal de parfois près d’une tonne, et tout ceci à la force des bras. Le boucher connaît personnellement chaque éleveur qui lui amène des animaux. Il connaît l’histoire de chaque bête. Un lien solide lie le métier d’éleveur à celui de boucher et le passage de l’animal de l’un à l’autre représente un moment d’émotion.

Notre réponse

D’après un sondage effectué sur environ 200 consommateurs réguliers de viande à Genève, nous avons pu constater que la plupart des genevois ont une vision erronée concernant la provenance des produits qui se retrouvent dans leur assiette. Notre projet répond donc à un double objectif. D’une part, promouvoir la consommation locale; nous souhaitons donner une meilleure visibilité aux éleveurs locaux et une reconnaissance de leur travail parmi les Genevois. D’autre part, nous souhaitons offrir une alternative de consommation de viande éthique permettant une valorisation et un bon traitement des animaux, tout en maintenant une qualité gustative élevée. Depuis septembre 2020, c’est avec une immense joie que nous offrons ce service et sommes honorés par les retours positifs de nos clients.

À notre humble avis, manger de la « bonne » viande représente donc une responsabilité qui comprend tous les acteurs, de l’éleveur au consommateur.

ruben-yann

Ruben Magnin et Yann Flores, co-fondateurs de Meaty